Sri Lanka
2026.02.04
Monaragala
Étape 18 | Stage 18
Je prévoyais de quitter l’hôtel le lendemain, le 5, après une dernière journée de piscine et de détente. Mais au moment de régler une nuit supplémentaire, on m’a averti d’une forte pluie prévue. J’ai aussitôt ajusté mon itinéraire, regagné ma maisonnette et préparé mon départ avec soin, inspectant chaque recoin de la chambre pour ne rien oublier.
Dès la sortie de Pottuvil, la chaussée se dégrade vite. Peu de circulation, et comme la route traverse deux parcs nationaux, pas un village en vue. J’avais emporté 2,5 litres d’eau, en espérant que ça suffise. Toujours pas d’éléphants sauvages, hélas.
Au bout de 35 kilomètres, en entrant dans un village, l’asphalte redevient correct. Soudain, je réalise l’impensable : ma ceinture de sécurité, avec passeport, cartes bancaires et du comptant, est restée dans le coffre-fort de l’hôtel ! Dans ce village animé, il y avait quelques rickshaws en vue. Un taxi ? Inutile d’y rêver. Le chauffeur me demande 6000 Rs et je lui dit 5000. Il réfléchit et il accepte. L’aller-retour est de 70 km. À pleine vitesse à 50 km/h, on boucle le trajet en deux heures. Tout ça pour 22 dollars ou 14 euros.
À l’hôtel, un employé a déjà ouvert le coffre : mais rien ne manque.
Dans la précipitation du demi-tour, j’avais plié le Brompton et démonté les roues de la remorque. Dans le rickshaw, catastrophe : une pièce en caoutchouc banal mais cruciale, celle qui espace la roue de la remorque, a disparu. Sans elle, frottement assuré. Je scrute le fond du véhicule, puis imagine l’avoir perdue au village. Coup de chance : le chauffeur se gare pile au même endroit. En descendant, je repère mon bout de caoutchouc par terre. Ouf, un souci de moins !
Je reprends la route vers Monaragala. Vallonnée, la route alterne longues montées et descentes palpitantes. À 20 km de l’arrivée, impossible de résister : je m’arrête pour photographier un grossiste bananier, avec ses camions débordant de régimes énormes. Les ouvriers, costauds et accueillants, m’offrent même… une banane.
Quelques centaines de mètres plus loin, des noix de coco attirent mon regard. Un homme souriant s’approche. Après des heures de montées-descentes, la soif me tenaille. Récemment marié, il s’est installé chez son épouse et vient d’ouvrir son échoppe. Son anglais est passable ; on papote sans trop de peine. Il irradie la gentillesse. Sans que je demande rien, il me tend des tranches de pastèque juteuse et une banane. Les bananes ont la cote ici.
J’étais attablé dans un modeste restaurant quand le ciel s’est déchaîné sous un orage torrentiel. Le temps d’achever mon repas, l’averse avait cessé. Tant mieux : je suis bien heureux qu’elle n’ait pas éclaté pendant que je pédalais encore.
I was planning to leave the hotel the next day, the 5th, after one last day by the pool relaxing. But when I went to pay for an extra night, I was warned of a heavy rain forecast. I immediately adjusted my itinerary, returned to my bungalow, and prepared my departure meticulously, checking every corner of the room to ensure I forgot nothing.
Right out of Pottuvil, the road surface deteriorates quickly. Little traffic, and since the route cuts through two national parks, no villages in sight. I’d brought 2.5 litres of water, hoping it would be enough. Still no wild elephants, alas.
After 35 kilometres, entering a village, the asphalt improves. Suddenly, I realise the unthinkable: my security belt, with passport, bank cards, and cash, had been left in the hotel safe! In this bustling village, a few rickshaws were in sight. A taxi? No point dreaming. The driver asks for 6000 Rs; I counter with 5000. He thinks it over and agrees. The round trip is 70 km. At full speed of 50 km/h, we knock it out in two hours. All for 22 dollars or 14 euros.
At the hotel, a staff member had already opened the safe: nothing was missing.
In the rush to turn back, I’d folded the Brompton and removed the trailer wheels. In the rickshaw, disaster: a simple but crucial rubber piece, the one that spaces the wheel from the trailer, had vanished. Without it, rubbing was inevitable. I scanned the vehicle floor, then figured it might have fallen in the village. Lucky break: the driver parked in exactly the same spot. As I got out, I spotted my little rubber bit on the ground. Phew, problem solved.
I resumed my ride toward Moneragala. Hilly, the road alternates long climbs and thrilling descents. Twenty kilometres from the destination, I couldn’t resist stopping to photograph a banana wholesaler, with trucks overflowing with massive bunches. The sturdy, friendly workers even offered me one.
A few hundred metres further, coconuts caught my eye. A smiling man approached. After hours of ups and downs, thirst was gnawing at me. Recently married, he’d settled in his wife’s region and just opened his stall. His English was solid; we chatted effortlessly. He radiated kindness. Without me asking, he handed me juicy watermelon slices and a banana. Bananas are hugely popular here.
I was sitting in a modest roadside eatery when the sky unleashed a torrential storm. By the time I finished my meal, the downpour had passed. Just as well: I was relieved it hadn’t struck while I was still cycling.
Distance parcourue au cours de l’étape : 73 km
Distance totale accumulée : 1128 km
Distance travelled during stage : 73 km
Total distance travelled : 1128 km
- Des cyclistes locaux
- Le paysage est joli, mais la route est en mauvais état
- Tout de même, la route était ombragée
- La beauté du Brompton et de la remorque, c'est qu'ils peuvent se ranger facilement dans un rickshaw
- Le grossiste de bananes
- Même ici, les bananes finissent de murir à la destination
- Plus loin, un jeune père de famille sympathique
- J'étais son premier client étranger
- La route est vallonnée dans les contreforts des montagnes beaucoup plus imposantes








